Madame Julie BÉNARD
Soutiendra jeudi 28 novembre 2019 à 16 h
Salle des Actes à l’Université Paul-Valéry Montpellier 3, Site Saint-Charles 1
une thèse de DOCTORAT
Discipline : Études du monde anglophone
Titre de la thèse : L’esthétique de la résistance : la voix et l’image dans l’œuvre de Samuel Beckett (1929-1989)
Composition du jury :
- Mme Marianne DRUGEON, Maîtresse de conférences, Université Paul-Valéry Montpellier 3, codirectrice de thèse
- Mme Hélène LECOSSOIS, Professeure, Université de Lille
- M. Adrian PATERSON, Maître de conférences, Université nationale d’Irlande à Galway
- Mme Christine REYNIER, Professeure, Université Paul-Valéry Montpellier 3, directrice de thèse
- M. Stephen ROSS, Maître de conférences, Université de Victoria (Canada)
- Mme Pascale SARDIN, Professeure, Université Bordeaux Montaigne
Résumé de la thèse
Cette thèse place au cœur de sa démonstration la crise sujet/ objet que Samuel Beckett exprime dans ses écrits sur l’art. De cette crise qui acte une rupture entre le sujet et l’objet, résulte une résistance : celle de l’objet au sujet qui œuvre à sa représentation. Cette résistance intime à l’écrivain une esthétique analogue à travers la voix et l’image, lesquelles traversent et travaillent toute l’œuvre qu’il écrit entre 1929 et 1989. Si dans son essai « L’Épuisé » (1992) Gilles Deleuze rend compte de l’importance poétique de la voix et de l’image en identifiant grâce à elles deux des trois « métalangages » (langue I, II et III) qui permettent à Beckett d’user les mots et de miner le langage, paradoxalement le philosophe ne s’interroge pas sur ce qui permet à la voix et à l’image de résister à leur propre épuisement. De ce point de vue, ce n’est plus la notion de « l’épuisé » qui est importante mais celle de « travail ». En effet, en distinguant le « travail de la voix » et le « travail de l’image » dans l’œuvre de Beckett, on caractérise aussi bien un mode opératoire – relatif à l’épuisement – que ses effets, lesquels sont le produit d’une résistance, celle de la voix et de l’image, à leur appréhension et à leur représentation par le sujet. Cependant, au travail de la voix et de l’image, préside un autre travail : il s’agit du « travail d’écriture ». Celui-ci se caractérise par une négativité essentielle qui permet à l’écriture de l’auteur de s’engendrer et de s’avorter à l’infini. Tout comme la voix et l’image, l’écriture résiste à l’aspect formel qu’on veut lui donner. En effet, la voix et l’image se caractérisent par une certaine plasticité : la première, en raison de sa nature acousmatique et la seconde, parce qu’elle s’articule à la figure. Le « travail d’écriture », le « travail de la voix » et le « travail de l’image », sont envisagés depuis la perspective qu’offrent les essais de jeunesse de Beckett de manière à comprendre les influences théoriques qui les fondent et par conséquent, nous permettre d’étudier leur manifestation dans toute l’œuvre de l’auteur.
